Génèse du Projet, explorations depuis 2008



Qu'en est-il de notre civilisation?
Qu'en est-il de notre barbarie?

« Le peuple Narte est régi par les dieux, les guerriers et les magiciens. Assumant au plus haut degré leurs fonctions, ils font preuve dans la barbarie d'une rigueur absolue, qu'ils emportent dans les mondes magiques et au-delà de la mort : les péripéties de leurs aventures héroïques font valoir des références ultimes pour les notions de respect et de rituel.
En transposant notre regard dans un autre quotidien, ces épisodes de naissance et de mort, de parentèle et de hiérarchie, de sacrifices et de trahisons mesurent la distance entre "sauvage" et "barbare" : une question de société, un problème de civilisation.

La lecture de ce questionnement se situe à la fois dans l'enchaînement des faits, exposé ici à la croisée des discours parlé, vocal et musical, et au sein du microcosme composé par les trois actrices, dont les actes se heurtent et se rencontrent, dissonent et coïncident.
Le pari du jeu collectif est sans cesse lancé entre ces trois personnalités singulières qui témoignent, chacune selon sa sensibilité, des affrontements, des rituels et des épopées surgies de temps archaïques. »

Didier Kowarsky


2014/2015 : Yôko Higashi, Myriam Pellicane, Catherine Jauniaux et Didier Kowarsky



Catherine Jauniaux et Myriam Pellicane

Catherine Jauniaux







Catherine Jauniaux




- La notion d'intemporalité, visitée en jeu par les trois actrices, donnera aux faits exposés la dimension du mythe.



- La dramatisation est un risque permanent d'abaisser la narration de ces actes démesurés au niveau de soucis existentiels. Il y a à se laisser traverser par une dynamique et des échos issus de la nuit des temps.

Le projet est ambitieux, de faire résonner ces échos. Il demande une maturation qui s'inscrit forcément dans une durée. Au jour le jour, la maturation de cette parole s'actualisera dans la citation des discours des Héros. La posture propice est celle d'une écoute attentive de cela qui nous habite en des zones inexplorées.

Il n'est pas question "d'attendre que ça vienne", mais de donner à entendre, au fur et à mesure, "où ça en est".



- La stylisation confère une distance respectueuse à l'évocation de ces personnages, de leurs actes et de leurs territoires.

Par exemple la mise en boucle d'un épisode du discours donne une dimension rituelle en même temps qu'hypnotique à l'évocation des actes accomplis, en l'occurrence dans l'au-delà. De même le parcours dansé de Yoko sur la scène ressort comme les bribes d'une cérémonie indispensable pour réaliser les souvenirs de ces comportements.

Il s'agit de se donner des défis simples et concrets pour laisser apparaître le rituel et son intemporalité, sans le simuler : attention portée pendant l'action sur les postures du corps, considération pour l'écho, le silence, les rythmes, la spatialisation, précision artisanale des répétitions de phrases et du contenu de la boucle, conscience de la situation dans le paysage sonore et dans la structure du récit : Présentation - Début - Milieu - Fin – Epilogue.









Myriam Pellicane 2008


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